The three of us

05 août 2010

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irisblanc

Ma Grand-Mère s'en est allée. Mardi, à l'aube. Sans prévenir. Sur la pointe des pieds. Comme elle le souhaitait...

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28 juillet 2010

C'est pas si simple! # 1

Allez ! Puisque que tu as été bien sage et patiente avec moi, je m’en vais te raconter mes aventures de la semaine dernière. Ma folle semaine. Celle où j’ai cru mourir……

Dans la série « Ils vont TOUS m’achever », il y a ma collègue bloggeuse  Kali qui avait commencé là htt//kaliuccia.canalblog.com/archives/2010/07/12/. Et bien je vais continuer dans la série, car oui, moi aussi, « Ils vont TOUS m’achever ». Le boulot, les mômes, le médecin, la pharmacienne, le chat et les moustiques.

Tout à commencé mardi dernier à 9h. J’étais au bureau, je lisais mes mails du jour quand Véro a débarqué dans mon bureau. Véro, je l’apprécie vraiment. C’est une chouette fille, pas conne du tout et même plutôt intelligente. La seule au bureau avec qui je peux parler littérature, ciné ou culture sans avoir l’impression de m’adresser à un peuple de martiens ! Elle n’a pas une vie facile, un boulot de merde mal payé, un ex qui est un gros con, et des jumeaux impossibles, des garçons qui ont 11 ans comme ma Cerise. Donc je compatis doublement à sa peine ! Elle arrive dans mon bureau, l’air embarrassé et me dis :

« Emma, je voudrais faire une demande d’avance sur salaire, enfin d’avance sur prestations familiales pour l’allocation de rentrée scolaire ».

Je t’explique. Je t’ai déjà dis que je travaillais dans une très grosse boite. Et comme ma boite veut se mêler de tout (parait que nous sommes une grande famille) et surtout de ce qui ne la regarde pas, elle se charge de nous verser les allocations familiales à la place de la CAF.

« Ok. Il faut que tu passes par le portail RH pour faire ta demande ».

« C’est ce que j’ai fais à 8 H ce matin et voilà ce qu’ils m’ont répondu : Merci de faire votre demande auprès de votre hiérarchie ».

Je la regarde… « Ta hiérarchie…. ». Et là, le déclic, la hiérarchie, c’est moi ! Je t’explique encore. Je fais partie de l’Etat Major, je suis considérée comme un manager, sauf que la seule personne que j’ai à manager, ben c’est moi. Ne rigole pas stp ! Remarque c’est déjà bien assez de boulot pour moi quand tu me connais. Même que chez nous il y a des chefs de groupe qui sont tout seul dans leur groupe. Cherche pas à comprendre, c’est logique. Sauf que là je réalise que tous les autres managers sont partis faire bronzette et que pendant les trois semaines qu’ils me restent avant mes vacances bien méritées, le seul manager en poste, c’est moi. En plus, ils ne m’ont même pas prévenu ces cons…. Et là, en un quart de seconde, je vois se profiler à l’horizon un million d’emmerdements….

« D’accord, je vais faire la demande, mais il me faudrait un peu plus de renseignements sans pour autant entrer dans les détails ».

« L’année dernière, il y a eu quelques soucis avec le versement de l’ARS. La directive gouvernementale qui fixe son montant est sortie un jour après la clôture de la paye, du coup il y a eu du retard, et moi je l’ai reçu sur la paye de Décembre ».

« QUOI ???!!! ».

Elle me tend son bulletin de salaire de décembre 2009 et effectivement, l’allocation de rentrée de scolaire lui été versée….. après Noël !

Heureusement que j’étais assise, parce que j’en suis quand même tombée sur le cul.

« Et mes fils rentrent en sixième, je viens de recevoir la liste des fournitures (une première pour elle, elle n’avait jamais vu de liste de fournitures pour le collège), il y en deux pages, multipliées par deux pour nous, et je ne sais pas comment je vais faire si je n’ai pas l’allocation fin août. Déjà que la CAF eux ils la versent vers le 20 …. Je sais même pas si je vais pouvoir partir en vacances avec les gars du coup. »

Je suis encore sous le choc…

« Mais l’année dernière c’était la même chose pour tout le monde. Certains l’ont eu en octobre, novembre ou février, et je crois même que Béatrice elle attend toujours ! ».

Consternation de ma part. On file dans le bureau de Béatrice qui me répond en rigolant :

« Oh tu sais, moi je me suis assise dessus. Avec un peu de chance, je l’aurais pour la rentrée 2011 ».

« Mais vous en avez parlé à B (tu sais ma chef adorée) pour qu’elle intervienne auprès du RH ? ».

« Plusieurs fois, mais ça n’a aboutis à rien », me dit Béatrice en me sortant toute une chemise de fax, de mails et de courrier en RAR échangés sur le problème.

Mon sang n’a fait qu’un tour. Cette connasse de B, elle n’a pas du faire grand-chose me dis-je ! Note au passage que je soupçonne fortement Véro d’avoir attendu que notre chère B soit partie pour venir m’exposer ses soucis !

« N** de D*** » je leur dis. (T’inquiète, ils me connaissent bien, sont au courant de mes difficultés du moment avec B et me soutiennent. En silence évidemment. Mais c’est mieux que rien.)

« Cette B elle commence vraiment à me faire c**** ! Donnez-moi vos dossiers que je règle cela. »

Je repars dans mon bureau, prête à en découdre avec ces empotés du RH. Faut savoir que notre RH se trouve à 250 km de nos bureaux quand même ! Je cherche dans les dossiers des filles leur interlocuteur RH : Mme Nathalie J. Alors si, comme elle: http://sophissime.canalblog.com/archives/2010/07/10/ et moi, tu as une Nathalie dans ta vie, tu vas tout de suite comprendre que l’affaire n’est pas gagnée. Loin de là ! Parce que en règle générale, les Nathalie sont de vraies c*****.

« Madame J ? »

« Oui »

« Madame X du service X. Je vous appelle pour Madame Véro qui vous a demandé une avance sur salaire ce matin »

« Oui, je lui ai répondu de se rapprocher de sa hiérarchie »

« Je sais, je sais, mais sa hiérarchie directe est en vacances donc sa hiérarchie en ce moment c’est moi, et moi, je donne mon accord ».

« Ah ! Mais c’est pas possible. C’est pas si simple. Faut qu’elle attende le retour de sa hiérarchie.»

Rah…. C’est mal barré, je le sens…

« Oui mais quand sa hiérarchie va rentrer, Madame Véro sera partie en congés à son tour »

« Dans ce cas, il faut attendre septembre ! »

Non mais qu’elle conne ! Un pur produit RH celle là. Une Nathalie en plus. Tout s’explique !

« Vous savez, cela n’amuse pas spécialement Madame Véro de faire cette demande. Mais elle en a vraiment besoin. MAINTENANT ET PAS EN SEPTEMBRE OU L’ANNEE PROCHAINE. VOUS COMPRENEZ ? »

« C’est pas si simple. Je ne peux rien faire.  Faut qu’elle attende le retour de sa hiérarchie.

A ce moment précis, j’ai cru que c’était la ménopause qui m’avait déjà rattrapée car j’avais de vraies bouffées de chaleur…

« Ecoutez. Si vous ne faites rien, je passe directement par Monsieur A (Directeur RH). »

« C’est pas possible. Monsieur A est en congés. »

Je meure. Lentement, mais surement….

« Faut-il dans ce cas que je passe directement par Monsieur R (grand Directeur régional) ? ». La menace suprême….

Je sens la panique qui gagne Nathalie.

« Oh non ! Surtout pas ! Peut-être que Flo.P (adjointe au DRH) peut vous dépanner. Ce n’est pas son domaine, (ben qu’est-ce qu’elle fout alors au RH ?), mais on sait jamais ».

« C’est ça. Demander donc à Flo .P de me rappeler le plus tôt possible »

« Vous savez, je fais ce que je peux. Mais c’est pas si simple ».

« En effet, j’avais cru comprendre ! ».

Flo.P,  je la connais bien. Cadre RH, c’est elle qui s’occupe entre autre de mon ‘redéploiement’. Donc, on se connait bien elle moi. Et pour mon plus grand bonheur c’est cul et chemise avec B. Donc c’est pas vraiment ma copine du moment si tu vois ce que je veux dire.

Dix minutes plus tard, le téléphone sonne :

« Qu’est-ce que tu veux encore Emma ? »

« Oui bonjour. Ça va. Merci. Et toi ? »

« Oh je t’en prie. Pas de ça entre nous ».

Je lui explique le problème de Véro et en rajoute en une couche avec celui de Béatrice.

« Je peux rien faire. Le chef est en congés. Faut attendre son retour »

Je suis au bord de la crise de nerfs.

« Dis donc, t’es bien DRH adjointe ? »

« Oui »

« Donc en tant que DRH adjointe tu as bien une délégation de signature »

« Oui. Mais je peux pas l’utiliser si le chef est pas là »

«  Ben alors, ça te sert à quoi  d’avoir une délégation de signature si tu pas signer quand le chef est absent ».

« Je m’en sert pour signer à la place du chef quand il est présent ».

« Donc, ça te sert à rien »

……..

« Ecoute, je te demande juste deux petites signatures sur deux petits ordres de virement. Tu peux quand même faire ça ? » 

« Non »

Et là, rebelote !

« Faut-il que j’en passe par Monsieur R pour me faire comprendre ? Je sais qu’il n’est pas en congés lui puisqu’il vient me voir jeudi ».

« Non main t’en as pas marre d’aller toujours te plaindre auprès de lui ? »

« Moi, tout ce que je constate, c’est que c’est le seul moyen pour faire avancer les choses avec vous ».

………..

Et là, j’ai brandis l’arme suprême.

« Puis tu sais, un dossier comme ça pourrait très facilement arriver sur les bureaux de la CGT. »

« NON MAIS T’ES FOLLE OU QUOI ? »

« Attention ! Je n’ai pas dis que j’allais le faire. Non ! Non ! Non. Je dis seulement que par je ne sais quel hasard cela pourrait arriver. Tu imagines comment ils vont se régaler avec ça les mecs de la cégette. Vous êtes mal. C’est tout ce que je dis ».

« Tu m’emmerdes Emma. Je vais voir ce que je peux faire. Mais je te préviens, tu m’envoies la demande par mail. Je veux une trace écrite de ta part. Et tu en prends la seule responsabilité ».

« Ouai. Promis. Comme si j’appuyais sur le bouton rouge pour déclencher l’arme nucléaire. Je te le jure ».

« Rigole. Tu verras quand B elle va apprendre tout ça ».

« Oui ben si B elle faisait son boulot… ».

« BON ».

« BON ».

Ouf ! Me dis-je. C’est réglé.

Oui mais non. Tu me connais bien maintenant. Car c’est là que j’ai vu le million d’emmerdements déboulé dans mon bureau. 16 agents avec tous un petit dossier dans la main. Des frais de déplacements pas remboursés depuis six mois, des repas, des nuits d’hôtels, des frais de restauration, des frais de carburants, des frais, des frais, des frais…. Avec des montants parfois, je te raconte pas. Pour un agent, cela représentait deux mois de salaire ! Car la nouvelle avait vite fait le tour : « Emma elle se coltine le RH, c’est le moment d’y aller. Vite. Vite ».

J’aurais voulu être une autruche, me mettre la tête dans le sable et n’en ressortir qu’en septembre. Mais je me suis dis que j’étais vachement égoïste. Car moi, j’ai une Master Card de la boite et je n’ai jamais rien à avancer pour quoique ce soit. Même que si j’avais voulu payer les fournitures scolaires avec, sur simple présentation du ticket de caisse, ils se seraient contenter de me retirer ça sur ma paye le mois d’après. (T’inquiète pas, quand c’est nous qui avons un trop perçu, ils n’attendent pas six mois pour se faire rembourser !). Que c’était vraiment dégueulasse de laisser ces personnes qui avaient les plus petits salaires dans une telle mouise !

J’ai donc pris les 16 dossiers à bras le corps. J’ai passé ma journée à tout contrôlé, vérifié, validé. Puis j’ai tout scanné et envoyé ça par mail à Flo.P, lui priant de régler tout dans la semaine avec envoie, avant la fin de la semaine, d’un mail à chaque agent plus moi en copie confirmant que tout était réglé.

J’étais découragée et je n’avais plus la force de l’affronter verbalement.

Un quart d’heure plus tard le coup de fil redouté arrive :

« Dis-donc, tu te prends pour Mère Theresa maintenant. La petite sœur des pauvres ? Quand je pense qu’on vient de te proposer un poste avec 30 mecs à manager, ben on n’est pas dans la merde ! On aurait mieux fait de te créer un poste d’assistante sociale. »

Complètement à plat, je me suis contentée d’un :

« Tu m’emmerdes ». Et j’ai raccroché.

Il était 17h00. Ma journée était foutue. J’étais épuisée et abattue.

Et là, G et P déboulent à leur tour dans mon bureau.

« Au fait Emma, qui c’est qui vend les tickets de cantine en ce moment ? »

« P ? »

« En congés ». Putain de congés.

« MC ? ».

« Congés aussi ». Je craque.

« A ? ».

« Arrêt maladie. Grosse déprime apparemment ». Remarque, je ne suis pas surprise. A force de presser le citron au maximum …

« Non parce que nous, on ne peut pas se servir comme ça. Faut quand même que se soit au moins un manager qui signe le feuille ».

Suis partie à quatre pattes chercher le classeur des tickets de cantine. Et j’ai finis ma journée en vendant des tickets de cantoche.

Qui dit mieux ?

Moi je te le dis ! Vive le management !

Mais attends la suite. Parce là nous nous sommes que mardi, et il n’est que 18h…..

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27 juillet 2010

Cheap but Chic

http://www.cheapbutchic.fr/

C'est jusqu'à ce soir! Ne tardez pas et bonne chance!

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23 juillet 2010

ça ira mieux ce soir!

Tu vois là, je suis complètement à cran. Un peu de patience, je te prépare un billet pout t'en expliquer les raisons. Mais si tu veux vraiment savoir dans quel état je me trouve, regarde le dessin ci dessus:

Taganainomane3

Tu comprends?

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20 juillet 2010

Mon Blackberry is back! Enfin presque...

Mon Blackberry est vivant !

Et oui, mon Blackberry est rentré vivant à la maison ! Pomme et Cerise aussi pas la même occasion. Je suis une mère en dessous de tout. Car franchement, je ne sais pas ce qui me fait le plus plaisir… Mon Blackberry ou mes filles ! Même pas un pet. Rien. Les portables, les i-pod, les i-pod touch, mes Lumix (tous ces trucs que l’on nous demande, à nous parents, de ne pas mettre dans la valise)… Nickel. Sauf ma Pomme, rentrée dimanche, qui s’est bien blessée à un pied la veille au soir du départ de Porto-Vecchico, et qui a débarqué à la gare en boitant, le pied en chausettes car elle ne pouvait plus mettre aucune chaussures. Les monos ont failli l’emmener chez le médecin, mais je les soupçonne de ne pas avoir été suffisamment « frais » pour le faire. Bref, dans la voiture à la gare quand elle m’a montré son entaille de dix centimètres environ…. Ben j’ai pris direct le chemin des urgences. Même pas eu le temps de passer par la case maison. Nous sommes tombées sur une médecin urgentiste que nous connaissons bien. Je t’ai déjà dis que Pomme était super sportive. Donc les chutes, les entorses, les poignets cassés, on connait et nous avons même une carte de fidélité. Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois qu’il lui arrive une connerie de ce genre, on tombe sur elle. C’est clair, elle ne nous aime pas, et je ne peux même pas te dire pourquoi.  Genre vieille fille, des petites lunettes rondes, des cheveux gris/blancs/jaunâsse relevés en une immense choucroute sur le haut de la tête. Quand tu l’as vu une fois, tu ne peux plus l’oublier. En entrant dans la salle d’oscultation, j’ai cru lire dans ses yeux « c’est pas vrai ! qu’est–ce qu’il leur arrive encore à ces deux là ! ». Elle s’est contentée d’un :

« Alors Pomme, qu’est-ce que je peux faire pour toi aujourd’hui ? ».

Pendant qu’elle remplissait le dossier, Pomme lui explique qu’elle s’est blessée la vielle en corse sur des rochers en se baignant et qu’elle s’est ouvert le pied. Le médecin lui enlève son pansement, celui qui arrivait en direct live de l’île de beauté et qui avait bien vécu durant le voyage ! Je te fais de dessin. Elle osculte la plaie et se tourne vers moi :

« Non mais vous vous rendez compte ! Vous êtes complètement inconsciente d’avoir laissé son pied dans cet état ! C’est pas une petite entaille superficielle là ! C’est une plaie bien profonde qui risque de s’infecter ! »

Oh pétard ! ça commençait fort cette fois.

« Je vous signale que l’ai récupérée il y a 3/4 d’heure seuleument à la gare et j’ai en effet jugé la plaie suffisamment grave pour venir directement à l’hopital ».

« Et son carnet de santé, il est où là son carnet de santé ? ».

(M**** il est au fin fond de la valise sur le parking !)

« Non parce qu’avec vous je préfère m’assurer qu’elle est bien à jour dans ses vaccins ! ».

Non, mais la connasse ! Comment ça avec moi !

« Mais je suis parfaitement bien tous les vaccins. Le prochain c’est en octobre 2010. Ou 2011…. Heu je sais plus. Mais de toute façon tout est à jour ».

En fait, tu vois, c’est mon bon Docteur P. qui suis tout cela pour moi.

« Bon je préfère faire un rappel quand même. Et ces boutons de moustiques ! Vous avez vu ? Vous avez remarquez que sa cheville a doubler de volume ? Vous avez fait quoi pour ça ? ».

« Franchement, entre la gare et ici, pas grand-chose ».

« ça va s’infecter tout ça aussi ».

Ben vas-y, dis-moi qu’il va falloir l’amputer demain pendant que tu y es !

« Vous allez lui donner des antibiotiques pour tout ça ? ».

« Vous voulez prendre ma place ? parce que pouvez faire l’ordonnance aussi si vous voulez ! ».

Du calme me dis-je, du calme, ce n’est pas le moment.

« Et pour son pied ? ».

« Faut recoudre ».

Et là je peux pas te dire que j’ai vu ma pomme devenir pâle comme un dolipranne parce qu’avec le bronzage qu’elle m’a ramené, ce n’était pas possible. Mais j’ai vu les larmes qui commençaient à monter et son regard qui me suppliait.

« Vous allez lui faire une anesthésie locale quand même ? ».

« Pour cinq points, une anestésie ? ».

Je suis pas médécin, mais je pouvais te dire qu’il en fallait surement plus de cinq de points de souture.

« Ben oui, vous toucherez pas au pied de ma fille sans anesthésie, sinon… ».

« sinon quoi ? ».

« On se casse et va faire 30 bornes jusqu’au prochain hopital pour l’avoir cette anesthésie ».

Elle se lève en se marrant :

« ah ben si vous croyez que là bas ils vont vous en faire une…ah, ah, ah. ».

Sur ce ,elle chope un interne dans le couloir. :

« T’as de la couture à faire dans la 4, et t’as interêt de faire une anesthésie à la môme parce sinon la mère elle risque de te les ratiboiser en bouillie. Fais un rappel anti-tétanique. Puis regarde les piqures pendant tu y es. Tu désinfectes, tu recouds tout ça et tu la fous sous antibio. Faut croire qu’ils l’aimaient pas les moustiques corses la gosse ».

Et là, ma pomme elle a fondu en larmes. Elle était crevée, elle avait mal et la méchanceté de cette conne, ça l’a achevé. Heureusement, l’interne a été super sympa. il l’a bichonnée, consolée, lui à fait son anésthésie et a recousu comme un artiste afin qu’elle n’ait pas une affreuse cicatrice. (J’ai même regretté l’espace de cinq minutes de ne pas être venue pour mon Tampax). Il nous a trouvé un paire de béquilles et même les antibiotiques, désinfectants, crèmes et pansements afin de nous éviter une visite à la pharmacie de garde. Un amour ce gars !

A 20 heures nous étions à la maison et à 20h30, Antoine, tu sais son « toinou », depuis le CE1 il était déjà à la maison. Et lorsque j’ai amené son plateau repas à Pomme sur la terrase je l’ai trouvé en train de bichonner ma fille, de soigner tous les boutons un à un, comme si sa propre vie en dépendait. Et je me suis dis qu’elle en avait bien de la chance ma Pomme d’avoir un « toinou » comme ça dans sa vie. Et je suis partie me noyer dans un océan de linge sale. Pas de lessive en quinze jours. « Ben t’as pas eu assez de linge propre ? ». « Non, j’ai remis le sale !». A part ça c’était vraiment trop cool le camp.

Quand à Cerise, c’est vite fait. Elle est rentrée de quinze jours de voile hier midi. Samedi matin elle me téléphone : « Ze veux pas rentrer. Peux rester une semaine de plus ? ». « Non ma chérie, ce n’est pas possible, la colo, c’est deux semaines et je ne peux rien faire maintenant. C’est trop tard.». Donc depuis hier midi j’entends à la maison. « c’est chiant d’être rentrée », « c’est chiant, parce qu’ici c’est trop calme », « c’est chiant, tu vois là-bas y’avais toujours plein de monde, on rigolait en plus », « c’est chiant, je m’ennuie, « c’est chiant, je sais pas quoi faire », « c’est chiant, qu’est ce qu’on fait »….. J’arrête là, je pense que tu as compris l’ambiance.

Pour moi aussi, entre les lessives et le repassage, c’est déjà bien assez chiant comme ça….

Bon. Tout ça pour te dire que mon blacberry est bien rentré.

Oui mais. Parce que tu sais qu’avec moi il y a toujours un mais. Je ne l’ai pas encore récupéré. Là est toute la différence. Cela aurait été trop beau. Je crois qu’elle se l’est fait greffer à la main en corse. Elle ne le quitte, passe son temps à envoyer des mails et sms à ses copains de colo. Et le pire, c’est que c’est un amour avec moi. Je te jure, elle est gentille, calme, obéissante, patiente avec sa sœur. Bref un vrai petit cœur. Un exemple. Dimanche soir, après le départ de Toinou, nous étions toutes les deux sur la terrasse. Elle dans le hamac, pied oblige, moi dans un transat avec mon bouquin du moment. Et là, elle me sort :

« ça me fait vraiment plaisir de te revoir ma petite maman. Tu m’as manqué et je m’inquiète pour toi quand tu es seule ». Je soulève un sourcil en signe d’étonnement,  « si je te jure, d’ailleurs Cerise et moi on s’inquiète toujours pour toi et jeudi on repars pour une semaine et on va encore te laisser toute seule…. ».

« Vous aussi vous me manquez. Mais faut pas vous inquiétez pour moi comme ça, vous savez, je m’occupe ». Sous-entendu, « si vous saviez comme c’est le panard quand je suis seule, comme je respire, le bonheur total quoi ! » !

Déjà, cette remarque avait un peu éveillé mes soupçons. Mais ça n’arrête pas ! Hier :

« T’inquiètes pas ma petite maman si tu dois travailler demain, je vais m’occuper de Cerise. Je lui paye le ciné. On va aller voir twiligt. Même avec mes béquilles ». Moi j’ai failli m’éttouffer devant tant de gentillesse et de dévouement.

C’est vraiment trop louche. Je crois qu’elle essaie de m’embobiner la minette. Et moi, tellement heureuse de cette paix et de cette harmonie dans mon foyer, bien j’ose pas aborder lessujetsqui fâche , à savoir, rend moi mon blackberry. Et elle douce comme un ange, elle fait comme si de rien n’était. J’ai donc décidé de la laisser partir jeudi à paris chez sa tante avec MON téléphone, et de remettre à plus tard l’inévitable confrontation. Je sais, je suis faible et je n’ai aucune autorité. Je suis pitoyable !

-          Ma fille s’est-elle métamorphosée en ange ?

-          Ma fille est-elle entrain de m’hypnotiser pour parvenir à ses fins ?

Donne-moi ton avis. Même si j’ai déjà une petite idée sur la question.

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16 juillet 2010

Appelez-moi Jennifer Beals !

80s dance flicks « Being Mama

Appelez-moi Jennifer Beals !

Voici le billet que tu attends, avec impatience je me doute, sur le sujet délicat de mon postérieur. Comme tu le sais, mes chéries lui ont donné un affectueux surnom : « le département ». Je les aime mes filles ! Bon. Même si elles ont tendance à exagérer et à sur-qualifier le problème, il faut bien l’avouer, il y a un peu de vrai dans tout cela. En même temps, on a le postérieur qu’on mérite. Coca, bonbons, gâteaux, Mac Do and Co….. Ma seule activité physique consistait à aller la dimanche à pied à la boulangerie à 300m de chez moi (et encore, c’est parce qu’il n’y a pas de place où se garer !). Quand je vais à la piscine, je ne mets pas un orteil dans l’eau (si, si), je bouquine dans un transat. Je n’ai pas couru depuis…. Ben tiens, je ne sais même plus ! (La terminale en fait). Et comble de la honte, je n’ose même pas l’avouer, je vais au taf en voiture, alors que, top chrono, je mets six minutes à pied (dix en voiture !). Quand tu sais, mais tu ne le sais pas encore, que je suis la « Madame Environnement » de la boîte, ça craint un peu tout de même !

Bref. J’en arrive à la télé. Tu vas comprendre pourquoi. Je pourrais me la péter et te dire que la téloche c’est vraiment de la merde, très peu pour moi, préfère aller au théâtre, au concert, au ciné, à une expo etc, etc … De la culture quoi ! Mais non, je vais être honnête avec toi. La télé, c’est sur, c’est vraiment de la merde, mais rien ne me fait plus plaisir que de me légumer des heures durant dans mon canap’, à regarder un tas de conneries jusqu’à pas d’heure. Même si la plupart du temps, je me légume avec un bouquin. J’arrive à faire les deux. Lecture et télé. Fortiche la fille ! Je suis vraiment grave ! Tiens. Un exemple. Hier soir, trois ados ont débarqué à la maison. Pomme est toujours (vivante) en Corse – mon blackberry aussi, mais oui ! Ses copains sont quand même passés hier soir à la maison, histoire de me dire bonjour. Antoine et Vic étaient chez Pierre-Alexis, le voisin, et ils en ont donc profité pour venir faire la bise. Quand je dis « venir faire la bise », il faut traduire, squatter mon salon et mon ordi pendant deux heures, et dévaliser mes réserves de pizzas que nous avons mangé assis par terre sur mon beau tapis tout neuf. Quand je te dis que j’ai l’impression d’être gérante d’une auberge de jeunesse ! Bref, tout ça pour te dire que lorsqu’ils sont arrivés les petiots, ils m’ont surpris en flagrant délit. Je regardais Secret Story. C’était déjà un peu la honte en soi, mais le pire, c’est que je me suis aperçue en discutant, que j’en savais plus qu’eux sur tous les potins de la maison des secrets, le tour de poitrine des participantes et j’en passe et des meilleures ! Après leur départ, j’ai réfléchis, tourner en rond, me suis dis que cela ne pouvait plus durer, que je ferais mieux de bouger mon c**, ai pris beaucoup de bonnes résolutions….. Avant de m’affaler dans les bras de mon canap’ pour regarder trois épisodes de la nouvelle série de France 4, « Mens in trees ». On y parle d’amitié, d’amour, de sexe, de la complexité des relations amoureuses, de l’amitié entre hommes et femmes (possible ou pas ?), de la recherche de soi, du bonheur, de l’amour, des autres. Parce que tu vois, je suis une grande sentimentale et romantique moi ! Certes, la série n’est peut-être pas très percutante, mais comme en ce moment ce sont des sujets qui me percutent moi, cela suffit à mon bonheur. Comme en plus, l’acteur principal est sexy, beau comme un dieu, musclé là où il faut, avec un charme à se damner, je suis doublement comblée !

Re-bref. Pour tout ça pour en arriver à te dire, que parmi toutes ces m*****, il arrive parfois que la TNT nous ressorte un bon vieux film de dessous les fagots ! J’ai ainsi pu pleurer comme une madeleine pour la centième fois devant « Out of Africa », ah… Robert ! Et il y a quelques temps, bingo, le jackpot : « Flashdance ». THE Flashdance. Mon Flashdance. Celui qui a bercé mon adolescence en même temps que « La Boum ». Ce film m’a marqué d’autant plus, que j’avais quatorze ans et que c’était la première fois que ma mère m’autorisait à aller avec une copine au ciné l’après-midi. Pas le soir, faut pas exagérer quand même. Et ça, c’était déjà un exploit en soi. Quand j’aurai l’occasion de te parler de Madame mère (rien ne presse !), tu comprendras mieux la nature de l’exploit…

Donc, ni une ni deux, je scotch les filles sur mon canap’ cheri, interdiction de bouger avant la fin du film, une seule pause pipi autorisée, et les oblige à savourer en ma compagnie ce chef-d’œuvre. Parce que là, tu vois, je me suis aperçue que j’avais vraiment raté leur éducation. Flashdance ? Jamais vu ! Inimaginable ! Fallait donc remédier sur le champ à mes graves manquements maternels. Je peux te dire qu’elles n’étaient pas plus emballées que ça les minettes. Mais comme elles ont bien vu qu’il s’agissait d’un de ces moments cruciaux dans ma vie où il ne faut pas me chercher, elles se sont exécutées sans broncher. J’en conviens, le film a un peu vieilli, mais cette scène finale… ! Il faut quand même que tu saches que nous sommes une famille de danseuse. 20 ans de danse classique et moderne pour moi. J’ai commencé à quatre ans et arrêter à 24 ans, enceinte de Pomme. J’ai fais le conservatoire de danse moi. Oui Madame ! De même que le conservatoire de Piano ! Madame mère veillait à ce que mon éducation soit parfaite. Manquait plus que les cours de cuisine et j’étais bonne à marier ! Elle me rêvait en Bree Van de Kampf… et j’ai finalement terminé en Bridget Jones. Pour mon plus grand bonheur d’ailleurs. Et son grand désespoir. Pomme et Cerise ont commencé la danse classique à 5 ans et elles continuent toutes les deux la danse moderne. Elles sont complètement accros, surtout Pomme qui se défend vachement bien.

J’ai donc attendu leur verdict après cette scène finale d’anthologie. Cerise : « Mouais, c’est pas mal. Mais c’est surement truqué à la fin. Pas possible ». Pomme : « ben c’est vrai qu’elle bouge bien du c** quand même !». (Non mais t’as remarqué comme elles parlent mal mes filles ? Je me demande vraiment d’où elles tiennent ce langage !). Et là, oh misère ! Si tu savais ! J’aurais vraiment mieux fais de me la boucler. Car je leur ai lancé un : « Ben moi aussi, je bougeais bien du c** quand j’étais jeune ». Je te laisse imaginer la scène. Les nouilles mortes de rire « vas-y, fais voir ». Et moi de m’enfoncer un peu plus, « puisqu’on en parle, j’ai décidé de reprendre la danse en septembre avec Catherine (la prof) ». A ce moment là, je crois bien qu’elles ont failli faire pipi dans leur culotte. « Toi, à la danse ???!!! », « t’as déjà trouvé ta tenue de camouflage ? ». Sympa… Vexée, j’ai envoyé au lit deux filles complètement hilares à la pensée de leur mère en justaucorps.

Oui mais voilà. J’étais coincée. Je me suis dis que je ne pouvais plus reculer si je ne voulais pas perdre la face. Et c’était bien fait pour moi. Je suis allée voir Catherine, la prof, qui m’a dit : « Enfin ! Depuis le temps que je t’attendais dans mon cours pour relever un peu le niveau ! ». Pouvais vraiment plus faire marche arrière. Suis quand même allée voir mon bon docteur P. C’était devenu mon seul échappatoire possible.  « Docteur P. il faudrait peut-être mieux que je renonce, vu que je vais avoir 40 ans, que je n’ai pas fais de sport depuis 20 ans, ce n’est peut-être pas trop prudent ? » Sous-entendu « pitié, faites-moi un certificat de contre-indication à la pratique du sport » !!!!! Mais non. Mon bon docteur P était certes un peu perplexe, vu que deux mois auparavant je lui avais expliqué mon projet de maigrir sans régime ni activité physique. Mais il m’a assuré, qu’en commençant doucement, il n’y avait pas de problème. BIEN AU CONTRAIRE. Il fallait le faire. C’était maintenant où jamais. Genre une question de vie ou de mort.

Me suis donc inscrite. Et là, quand Catherine m’a dit dans quel cours elle me casait, j’ai failli tomber raide. Car j’allais me retrouver avec la mère de Louise. Et la mère de Louise, que je vais appeler M, je la connais bien. Une vraie chieuse. Une pure et dure. La seule chose que j’apprécie chez elle, c’est qu’elle a encore un plus gros c** que moi et qu’elle a vraiment du mal à le lever. La mère de Louise, elle veut tout décider. Partout.  Même à l’école de danse. Les cours, les choré, les costumes…. Louise est dans le même cours que Pomme. L’année dernière, pour le gala de fin d’année, c’est elle qui a décidé des costumes des filles. La prof n’a pas eu son mot à dire. Pour ton info, M, est instit. Et bien elle nous a pondu un patron de jupe avec des formules mathématiques et des 3.14 partout. J’y croyais pas ! Ok, je suis pas copine avec les chiffres. Mais je sais coudre une jupette. Ben j’ai rien compris aux instructions. Suis allée crier aux secours auprès de Madame mère, bonne couturière depuis plusieurs décennies (bonne éducation oblige), elle n’a rien capté non plus. Nous nous sommes rabattues sur mon bon Papa, ancien ingénieur dans l’énergie, les chiffres et les formules n’ont pas de mystères pour lui. Ben deux jours plus tard, on avait toujours rien compris. Me suis énervée et j’ai fais la jupette à ma sauce plus celle d’une autre gosse du cours dont la mère était complètement désespérée depuis une semaine avec le patron entre les mains. Je te dis pas la tronche de M quand elle a vu les jupes. « Cela ne rend pas comme il le faudrait ». Moi : « on a rien compris avec vos formules ». Et elle : « Pourtant, même un élève de CM2 est capable de comprendre ». Et vlan. Prends ça dans les dents. Depuis, on s’évite poliment. Même lorsque l’on se parle.

Alors tu t’imagines bien que quand j’ai découvert que j’allais danser avec elle, je me suis dis que j’allais lui en foutre plein les mirettes. Bon, c’est vrai, avant je suis tombée sur les genoux et j’ai été à deux doigts de me désinscrire. Mais j’ai décidé de relever le défi et me suis fixée deux objectifs pour le premier cours en septembre:

1 - Apparaitre sublime et sexy dans une tenue toute aussi sublime et sexy.

2 - Etre complètement « dérouillée » physiquement et enchainer tous les mouvements sans fatigue ni transpiration et avec le sourire.

Pour résumé :

1 - Régime.

2 – Bouger mon popotin.

Ben tu vas pas me croire, parce que moi-même j’y crois pas, mais je m’exécute.

Adieu Fraises Tagada, crocodiles gélatineux et autres nounours à la guimauve. Adieu petit lu et petits roulés aux framboises. Adieu Chocos BN à la vanille et Prince de Lu. Adieu Mc do….. C’est dur ! Et suis enfin passée au coca light…

Et je me bouge ! Je vais au taf en vélo !!! Admire l’exploit… Et je fais du sport…. Sur la WII-Fit. Faut pas pousser quand même ! Suis pas encore prête à affronter le Power-Plate en public. Et en cachette. Pas questions que mes filles me voient et se paient ma tête. Tous les midis. Enfin presque. Doucement il a dit le médecin. Résultat : - 6 kg. Mais je crois que c’est la balance qui déconne. J’ai même changé les piles. Parce que les 6 kg, j’ai beau chercher, je ne vois pas où je les ai perdu. Pas dans les fesses en tout cas….

Allez, je ne désespère pas. Je serai sublime en septembre. Et au gala de fin d’année, telle Jennifer Beals (ou sa doublure), je prendrai mon élan, m’élancerai dans les airs, une, deux ou trois pirouettes et je vais tous les clouer sur place, surtout M. Et après, je crois que j’arrêterai la danse.

FlashdanceTheMusical2.jpg

Purée ! Ecrire ce mail m’a donné une envie de Fraise Tagada ! C’est vraiment pas humain…

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12 juillet 2010

Les mecs, s’abstenir svp !

Oui, si tu passes par là et que tu es un homme, ferme ce blog, et passe ton chemin. Car ce que je vais raconter là est une vraie histoire de nanas. Du genre de celles que les hommes détestent.

Donc, toi qui es une femme, je vais te raconter la mésaventure qui m’est arrivée ce matin au boulot. Bon voilà, j’ai mes ra gnangnan. Jusque là, rien de grave. C’est la vie et ça arrive. Une fois par mois même ! Sur les coups de 11h, j’étais entrain d’écrire un mail super important quand je me suis dis qu’il serait peut-être bien d’aller changer mon Tampax. Tu vois, ce mail que j’écrivais, j’étais à fond dedans. Parce que les événements professionnels des dernières semaines m’ont prouvés que dans un mail, chaque mot compte et que tu as intérêt à faire vachement gaffe à ce que tu écris. 

Bref. J’arrive au pipi room, la tête toujours à fond dans mon mail, je change mon Tampax et là, p*****, je l’ai senti passé, c’est le cas de le dire. Car figure-toi qu’avant de mettre le propre, ben j’ai oublié d’enlever l’autre. Et ce con, il est parti se fourrer je sais pas où…. mais j’ai eu mal ! Purée ! Et là, la panique totale. J’enlève le nouveau, et telle une exploratrice à la recherche du trésor perdu, je pars à la recherche de l’indésirable avec pour seuls instruments de navigation mes doigts. Ah ! C’est vraiment glauque ! Mais b***** ! Elle est où cette ficelle ???!!!

Rien à faire. Je ressors du pipi room (après une désinfection totale des mains, je te rassure), retourne à mon bureau en essayant de retrouver mon calme afin de trouver une solution. Car là tu vois, je paniquais grave. C’était sur, j’étais bonne pour une salpingite aiguë, on allait m’enlever ovaires et utérus… bref, c’est sur j’allais mourir d’une très grave infection.

Je m’assois et là, encore une fois purée !, je peux te dire que j’ai su où il s’était planqué le con. J’ai eu mal ! Tu peux pas savoir. Je crois même que j’ai aggravé la situation pendant l’exploration. Donc, à l’évidence, je ne pouvais plus m’assoir. Gênant pour bosser quand même.

Pragmatique (enfin j’en suis pas certaine), j’analyse les trois options qui s’offrent à moi :

-      Téléphoner à ma gynéco pour avoir un rdv dans cinq mois. Pas raisonnable.

-      Aller aux urgences à pied (pas moyen de m’assoir au volant) à l’autre bout de la ville et poireauter (debout bien sur) quatre heures dans la salle d’attente juste pour me faire ridiculiser devant une bande d’interne boutonneux examinant mon un tampax coincé. Plutôt crever.

-      Aller chez mon médecin qui à la bonne idée de crécher dans la même rue que mon travail, à cinq minutes à pied, et me ridiculiser une fois de plus. Bon après tout, je suis plus à ça prés.

Option trois retenue.

Je téléphone à mon bon docteur, lui explique que je dois le voir tout de suite, c’est très urgent, mais que là, je peux pas lui expliquer, c’est un peu délicat. « Je vous attends » me dit-il « je vous prendrai entre deux ». Ouf ! Ok. Je respire. Mes chances de survie sont bonnes. Note bien au passage que je déteste les gens qui viennent chez le médecin « entre deux », sans rdv. Je trouve vraiment ses personnes sans gêne ! Me suis donc promis d’être plus indulgente avec eux désormais.

Oui mais voilà ! Pour aller chez le médecin, il fallait que je prévienne ma chef que je m’absentais. Tu sais, la connasse qui me fait chier pas possible en ce moment.

Grand moment de solitude.

J’entre dans son bureau : « B je dois m’absenter pour aller chez le médecin. C’est urgent». « ben, t’as pas l’air malade ? ». « Non, j’ai un problème », « un problème ? », « oui, j’ai eu un problème dans les toilettes ». Je pensais qu’avec tout ça elle comprendrait. Ben non. « Dans les toilettes ??? ». Et me voilà, lui expliquant à voix basse ma mésaventure du Tampax. Et là, cette pouffe, elle s’est vautrée de rire sur son bureau et a hurlé bien fort : « un Tampax coincé !!! ah ah ah ah … y’a bien qu’à  toi que ça arrive ça ! Ah ah ah ah … » Je te jure que elle a rit et parlé tellement fort, que je suis certaine que tout l’étage l’a entendu.

« Bah ! vas-y chez le docteur, fais moi juste une liasse d’absence pour être couverte en cas d’accident », sais jamais, si je croisais un autre Tampax dans la rue, vaut mieux être prudente, « je ne te compterai même pas les heures de congés » genre, ma pauv fille, t’es déjà mal barrée, je vais pas en rajouter en plus !

J’arrive chez le docteur, DEBOUT dans le couloir, pas question de me ridiculiser dans la salle d’attente, cinq minutes interminables et il me fait entrer. Rouge comme une tomate, je lui explique mon pb tout en tentant de me justifier d’être une telle imbécile (le boulot, ce mail…). Il sourit avec indulgence et me dit que cela arrive bien plus souvent que je ne l’imagine ! Que le « décoinçage de tampons » est même devenu un incontournable du généraliste. Par précaution, je lui ai demandé un traitement antibiotique (suis prudente), mais il m’a dit qu’un con Doliprane 1000 ferait l’affaire et que dans deux heures j’aurais tout oublié. Si seulement cela avait pu être vrai ! Dix minutes plus tard et un Tampax en moins, je suis ressortie enfin débarrassée de l’infâme petit con. 22 € le Tampax quand même. Y’a pas à dire, le coût de la vie, c’est plus ce que c’était ! Vraiment trop la honte. Vu l’heure, je me suis dis que valait mieux rentrer à la maison et me remettre de mes émotions.

Quand je suis revenue au taf en début d’apm, j’ai croisé l’autre conne qui m’a demandé en pouffant de rire et bien fort, texto, si « la désincarcération n’avait pas été trop douloureuse ». PETASSE !!! C’est sur, tout le monde est au courant. « Même pas mal » que je lui ai répondu, « et même que le toubib m’a dit que cela arrivait souvent », genre fais gaffe ma grande, c’est pas parce que tu as un Bac+12 que ça ne peut pas t’arriver à toi aussi. Puis je me suis planquée dans mon bureau. Voulais plus voir personne. Voulais plus parler à personne.

Sauf que chez nous, la tradition veut que personne ne ferme sa porte. Forcément, je ne pouvais pas les rater quand ils passaient tous devant mon bureau en se marrant. Alors là ma fille, ma fierté à repris le dessus. Tête haute, je suis descendue à la cafét chercher un café. Je tombe sur P et G. Deux mâles. A leurs têtes, j’ai su qu’ils savaient. Alors je me la suis joué autodérision : « Vous êtes au courant de ce qui m’est arrivé ! »,  « Oui, C nous a tout raconté ». La salope !!! Même C est au courant. Autant dire que c’est tout le bâtiment, les annexes et même le garage qui sont au courant ! « Ah, c’est difficile d’être une femme parfois » je leur soupire. « Mouais. Etre un mec aussi des fois ». Moi : « Non ! Sans blagues ! A vous aussi il vous arrive des trucs dans ce genre ? ». Silence radio. « Allez ! vous vous êtes bien coincé la zigounette dans la braguette au moins une fois ! » Si tu avais vu leur tête ! J’ai cru qu’ils allaient tomber raide d’un coup. G : « oui moi une fois, et j’ai douillé ». P : « ben moi aussi, j’étais bourré. Ça m’a dessoûlé  vite fait ». Et moi de repartir la tête haute en concluant « c’est vraiment trop dur la vie ! »

Je suis retournée finir de putain de mail, fière de moi, en vérifiant quand même que le mot Tampax ne s’était pas coincé par erreur entre deux mots, vu que c’était mon obsession du jour !

Le coté positif c’est que j’aurais au moins une chose à raconter aux deux nouilles quand elles vont rentrer de colo. « Et toi maman, qu’est que t’as fais pendant les vacances ? (Ah bon ? Suis en vacances moi ? Première nouvelle). Ben mes chéries, je suis alleé voir le Docteur P pour qu’il me décoince mon Tampax. Allez, j’imagine la suite. A bien y réfléchir, je vais peut-être garder ça pour moi. Car c’est certain, ma mésaventure sera sur facebook dans l’heure qui suit. Comme toutes mes conneries d’ailleurs. Et j’en connais qui vont bien se payer ma tête.

Heu… Juste une question ? ça t’es déjà arrivé ou alors il n’y a que moi pour faire des conneries pareils ?                              

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09 juillet 2010

Youpi, youpi, youpi!

Brevet mention très bien pour ma Pomme! Comme je suis heureuse pour elle et tellement fière! J'aimerai tellement la serrer dans mes bras en ce moment....

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08 juillet 2010

Ma Pomme d'Amour

Bon. C’est vrai que j’ai promis à l’une d’entre vous un prochain billet sur le sujet épineux (quoique !) de la taille de mon postérieur. Ben va falloir attendre ! D’abord parce que vois-tu, avec la semaine folle que j’ai passé, je crois que j’ai du sauter pas mal de repas et du coup ce matin, surprise, - 3 kg sur la balance. Je te rassure, cela ne se voit pas du tout, il y a encore du boulot à faire…

Non. Aujourd’hui, je veux te parler de ma Pomme d’amour. Parce qu’avec tout ce que j’ai dit sur elle, tu pourrais penser que je ne l’aime cette gosse. Et pourtant si tu savais comme je la chéris cette enfant, mon ainée, celle qui a fait de moi une maman. Et puisque qu’elle vient de fêter ses 15 ans, déjà un peu femme, mais pas encore tout à fait, c’est le moment pour moi de lui faire une déclaration d’amour maternelle.

Je ne vais pas te dire que d’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours voulu être mère. Je me souviens seulement que ce premier bébé je l’ai désiré depuis mes 14 ans. Les dieux ont été de mon coté (pour une fois), et le fait est qu’il m’a suffit de claquer les doigts pour tomber enceinte le moment venu. Trois jours après sa conception, je savais déjà qu’elle était, tout au fond de moi. Et c’est à partir de ce moment que le lien fusionnel qui nous unis s’est tissé. Durant ma grossesse, j’ai baigné dans la plénitude. Malgré 27 kg en plus, des jambes qui avaient triplé de volume et un cagnard pas possible à la fin, je n’étais pas du tout pressée d’accoucher. Je l’avais pour moi toute seule et j’aurais voulu que cela dure toute la vie.

Je ne vais pas te dire non plus que le jour de sa naissance fut « le plus beau jour de ma vie », je ne suis pas hypocrite. Ce jour fera à tout jamais parti des pires moments de mon existence. 72 heures de souffrances qui aurait du finir en césarienne. Mais voilà, avec 16 bébés nés le même jour + les accidents et tout et tout, ben il n’y avait plus d’anesthésiste pour moi, ma péridurale et ma césarienne. De sa naissance je n’ai que de vagues souvenirs, j’avais « déconnecté ». Je me souviens juste des 8 médecins, sages femmes, infirmières et pédiatres qui s’affairaient autour de moi. Des instruments barbares utilisés. A ce moment là, je n’avais qu’une envie, qu’on m’enlève ce truc que j’avais entre les cuisses et qu’on me laisse enfin dormir. Je sais que nous avons toutes les deux frôler la catastrophe. Je me rappelle qu’elle était très sale et c’est tout, car après on la emmener direct en réa-néonatal.

Je préfère te dire que ce jour a été « le premier jour du reste de ma vie ».

Quelques jours plus tard, quand les choses allaient mieux pour nous deux, une amie de lycée est venue me voir à la maternité. Elle m’a bisouillé, puis s’est penchée sur le berceau. Et là elle m’a dit « ben dis donc, depuis le temps que tu l’attendais ce bébé ! ». Voilà. Tout était résumé.

Pendant quatre ans, jusqu’à la naissance de Cerise, nous avons vécu dans cet état fusionnel. Juste elle et moi. Car il faut bien l’avouer, son père ne nous accordait que peu de temps. Toujours mieux à faire. Le boulot, le bateau, les fiestas, les maitresses… Et à vrai dire, je crois que cela nous convenait plutôt bien. Je ne travaillais pas, j’étais une sorte de « désespérante houerie » et ma vie tournait autour d’elle. Et puis, il faut bien l’avouer aussi, son papa ne l’aimait pas. Et oui ça arrive. Pourquoi ? Je ne sais pas, mais ce que je sais c’est qu’elle le lui a bien rendu. Au centuple même. Et aujourd’hui encore ! Elle s’est donc accrochée à moi, comme un post-it, comme si elle savait déjà qu’elle ne pourrait compter que sur moi dans sa vie.

Les odeurs de bébé tout chaud, les petites joues rondes que je couvrais de bisous…. Les années ont passé, et je me souviens de cette petite fille intrépide et malicieuse, marchant à 9 mois, casse-cou à 13 mois quand je l’ai découverte entrain d’escalader notre bibliothèque, mais aussi tellement timide, un peu sur ses gardes et qui déjà ne parlait pas beaucoup.

A deux ans elle est entrée à l’école. Là où nous vivions à l’époque, il y avait une école qui proposait une classe spéciale pour les petits de cet âge avec un effectif de 15 enfants maximum. Cela m’a semblé une bonne chose de la « lâcher » un peu. Le premier jour, j’ai cru qu’elle pleurerait vu qu’elle ne m’avait jamais quitté. Ben non. Elle est partie sans même me faire un bisou. Et du coup, c’est moi qui ait pleuré juste parce que elle, elle n’avait pas pleuré ! Tu vois le tableau…

Même si parfois j’ai la nostalgie de cette période, même si j’ai du mal en m’en persuader, mon premier bébé à aujourd’hui 15 ans. Et même si c’est un peu cliché de dire cela, je te jure que je n’ai pas vu le temps passer depuis cette soirée de 1995.

15 ans qu’elle m’étonne et m’épate. Souvent boudeuse avec un vrai caractère de cochon, mais tellement drôle aussi. Son petit visage fripé et sale a laissé place à un visage délicat. Car je peux te le dire, ma fille, c’est une vraie beauté. D’accord, je suis sa mère, donc je manque d’objectivité. Mais quand même. Elle a une arrière grand-mère paternelle tunisienne et elle a tout choppé de la méditerranée. A cela tu mélange un peu de sang scandinave, un peu de breton, et tu as une jeune fille typée et racée que ses copains d’école ont surnommé « miss Maghreb » ! Une miss qui a d’ailleurs vite compris comment jouer de ses atouts physiques. Je te donne un exemple. Pomme est très sportive, fine mais tout en muscles. En cours de sport, le prof a séparé les filles et les garçons, car le niveau n’est pas le même. Sauf pour Pomme qui s’est retrouvé avec les mecs, parce que le niveau des filles était trop faible pour elle, et que même chez les gars elle en bâtait plus d’un à plat de couture. Bref. Au mois d’octobre, Pomme me tend un petit mot de son prof qui souhaite me rencontrer pour un entretien informel, rien de grave, la direction du collège n’est pas au courant d’ailleurs. Là, je tombe sur le c**, première convocation en 12 ans d’école. (Je te rassure, avec Cerise j’ai arrêté de compter, mais je dois pas être loin de la soixantaine !). Je demande à Pomme ce qui se passe, « parait que mes shorts trop courts et mes nénés perturbent les mecs ». Voilà ce qu’elle me répond. Nous voici donc en rdv avec le (craquant et jeune) prof de sport qui m’explique qu’effectivement les garçons ont protesté et qu’ils ne veulent plus jouer contre Pomme habillé en short et débardeur, notamment dans les sports co, parce qu’elle a l’art de se baisser au moment ou l’adversaire va servir, que du coup les pauv’ petits gars, ils sont complètement déconcentrés et qu’ils ratent tous leurs services et toutes les balles. Je demande à Pomme si elle en fait exprès, « ben oui, évidemment, on fait avec les moyens du bord. Faut savoir déconcentrer l’adversaire ». Le prof mdr, me dit que tout ceci n’est pas bien grave mais que désormais faut rallonger les shorts de 20cm et mettre des hauts sans décolleté et avec des manches. Tu sais quoi, j’aurais du l’engueuler et lui faire la morale. Ben non, parce qu’en vérité, j’étais même plutôt fier et je me suis dis qu’elle avait déjà tout compris.

D’ailleurs, elle obtient tout ce qu’elle veut des garçons. Ils me le disent « qu’est-ce qu’elle est chiante ta fille, mais on finit toujours par lui céder ».

Si tu savais comme elle m’impressionne, et comme j’aurais aimé être à son âge, une ado comme elle.

Je l’admire face à sa maladie, face à ses deux semaines d’angoisses il y deux ans, durant lesquels nous pensions que « le crabe » l’avait rattrapé. Cette saloperie de thyroïde qui, si elle n’était pas cancéreuse, lui  complique la vie depuis. L’épuise parfois, joue avec son moral qui fait sans cesse yo-yo. La voir à table, fondre en pleurs sans savoir pourquoi, et être impuissante pour la soulager, ne pas savoir que faire, et souffrir tellement à mon tour.

Je l’admire pour le soutien qu’elle offre à sa copine de classe, qui n’a pas eu la même chance qu’elle. Cette petite qui se bat contre son deuxième cancer en deux ans et dont on sait déjà l’issue.

Je l’admire pour son travail sans égal à l’école. 17,5 de moyenne le dernier trimestre, je lui tire mon chapeau. Un sérieux qui cache un caractère plein de fantaisie et d’entrain. Et je peux te dire qu’elle n’est pas la dernière pour monter chanter sur la table et faire la fête avec ses amis.

Je l’admire pour sa fidélité envers ses amis et son ouverture d’esprit. Compte tenu du milieu dans lequel elle évolue, ce n’était pas gagné, crois-moi !

Elle m’amuse quand elle me dit qu’elle aurait préféré être fille unique, car vraiment, cette Cerise elle en peut plus !                                                       

Elle m’amuse quand je la vois arriver en courant comme une folle, complètement affolée, pleurant toutes les larmes de son cœur,  parce qu’elle n’a pas trouvé sa sœur à l’étude et que c’est sur elle à été kidnappée. Car vois-tu en bonne mère indigne qui se respecte, j’ai oublié que nous sommes jeudi, et que jeudi Cerise va chez l’orthophoniste et que donc c’est ma maman qui la récupère à 16h30.      

Elle m’amuse, lorsque le soir même, alors que je raconte l’anecdote à Cerise, elle soulève les sourcils et dit « faut vraiment que tu racontes n’importe quoi ! ».

Elle m’amuse quand elle me fait la morale « dis, tu pourrais pas être un peu plus maman et moins ado ? »

Je souffre pour elle, car je sais très bien que même si elle jure le contraire, son père, elle l’aime et qu’il lui manque. Elle ne va jamais chez lui, ne le voit qu’en coup de vent quand il vient chercher Cerise. Et même si des liens très fragiles se sont tissés entre eux, il y a au fond de son cœur des blessures qui en ce moment sont à vifs. J’espère vraiment que ses bleus à l’âme se cicatriseront avec le temps pour qu’elle puisse aller mieux et vivre en paix.                                                                                           

De mes deux filles, c’est incontestablement celle qui me ressemble le plus. Mais c’est aussi celle qui m’échappe le plus. Autant Cerise je peux te dire d’avance et avec précision toutes les conneries qu’elle va faire ou dire, autant Pomme reste un mystère pour moi. Ma chérie, douce, fougueuse, sensible, secrète et tellement indépendante maintenant. Celle qui ne rêve que du jour où elle pourra prendre son envol. Celle qui ne me laisse entrevoir qu’une infime partie de sa vie privée. Et pourtant, comme je la comprends. Les chiens ne font pas des chats !

Je suis fière des liens de confiance que nous avons créés. Car même si elle ne me parle pas beaucoup d’elle et de sa vie, elle sait que ma porte est toujours ouverte et qu’elle peut me parler de tout.

Je suis fière d’elle, je l’aime, et le lui dit souvent, car je ne sais que trop bien combien il est important de dire ces choses là à ces enfants.

Je suis fière de sa façon d’avancer dans la vie et je lui souhaite d’être heureuse au maximum dans sa vie, de bien prendre soin d’elle. Mais je ne m’inquiète pas pour elle, car aujourd’hui comme hier, j’ai foi en elle.            

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07 juillet 2010

HEU-REU-SE!

Me revoilou!

Tout d’abord un grand merci à la blogueuse (elle se reconnaitra), qui s’est inquiétée de mon absence sur mon blog depuis une semaine. Enfin, j’aime à croire qu’elle s’est inquiétée…

La semaine a été agitée, et je suis sur les rotules. Faut que je fasses gaffe d’ailleurs, parce qu’elles vont s’usées vite à se rythme et je suis bientôt bonne pour des prothèses. Tiens ça peut être une bonne idée de cadeau pour mes 40 ans. Je vais le suggérer aux deux intéressées.

Bref. Là, tel que tu me vois, et même si tu ne vois pas, je suis HEU-REU-SE. Pomme et Cerise sont parties en colo Dimanche et Mardi, et comme toute bonne mère indigne qui se respecte, je ne suis même pas triste, même pas le quart d’un petit pincement au cœur ou de culpabilité. RIEN. Je savoure enfin ma tranquillité, ma liberté retrouvée et devine…. J’entends les mouches voler à la casa, ce qui n’était pas arrivé depuis… ben je ne m’en souviens même plus! Plus de « maman, elle m’a piqué mon pull », « maman, elle m’em***** », « p*****, elle me fait vraiment c**** cette c**** », « maman, j’ai faim », « maman, elle veut pas me laisser l’ordi »……j’arrête là, tu connais la musique. Note au passage que la guerre de l’ordi à la maison me dépasse totalement. Vu que nous sommes trois à la maison, que Félix The cat n’est pas encore accro à msn ou facebook, et que nous avons quand même quatre ordi à la maison… ben non, c’est toujours la guerre. Sais pas pourquoi, elle veulent toujours le même au même moment!

Donc le bonheur totale depuis hier! Je suis pénarde devant MON ordi, avec mes clops (interdit pas les deux nouilles pour risque de décès prématuré) et un immense verre de coca bien frais (interdit aussi par les deux nouilles pour cause de cul qui commence à ressembler à un département).


Je t’avais laissé la semaine dernière sur mon petit coup de blues le premier jour du brevet. J’avais omis de te dire que durant cette journée de black-out total, je me suis racheté un portable. Ben oui, j’avais rendu son i-phone à Pomme le matin du brevet au cas où elle aurait eu besoin de me joindre. Suis pas une aussi mauvaise mère quand même! J’ai donc pris un blackberry, parce que l’i-phone ça n’a jamais vraiment été mon truc, mais celui de Pomme qui avait réussi à me convaincre. Cette fois-ci, je n’ai écouté que mon envie et me suis vraiment plaisir.


Alors là, je vois ta tête. Tu te dis « mais qu’est-ce qu’elle vient nous faire suer avec son portable, on s’en fout total! » Et bien saches que ce détail à une importance capitale pour ce qui va suivre.

Le brevet est donc terminé, ouf! Plus qu’à attendre les résultats. Remarque je ne fais trop de soucis car Pomme partait avec 17 points d’avance. Elle est douée ma fille! Petit instant de fierté maternelle… désolée pour celles qui ne sont pas dans ce cas. Mais je les rassure, je reste humble, car dans quatre ans avec Cerise, je vise plutôt les 40 points à rattraper! 


Bon je t’avais dis que jeudi étaient un jour important pour Pomme. En effet, elle fêtait ses 15 ans. En réalité, elle est née le 13 juin, mais jeudi dernier c’était la grosse fête avec tous ses « potes ». Elle fêtait l’événement deux autres copines: Constance, son amie de toujours et Vic que tu connais déjà. Comme elles sont dans le même collège, elles partagent à peu près les mêmes amis, ce qui tombe plutôt bien. IL N’EMPECHE. La petite fête devait réunir 40 (quand même) invités au départ. Et bien la veille, la liste des heureux élus comportait 70 prénoms. Et il n’y a même pas eu un imbécile pour se désister, dire qu’il n’était pas disponible. NON! Tous présent! Passer l’instant où j’ai faillis m’évanouir, il a bien fallu prendre les choses en main. La soirée avait lieu chez Vic. Tu vois Vic habite un manoir/petit château selon les avis; en plein centre ville, avec un parc et une orangerie où l’on peut donner des « réceptions ». Ce problème étant résolu, il n’en restait pas moins que 70 ados qui « teuf » ben faut les nourrir et leur donner à boire!

BEN DEVINE? A qui donc toutes ces gentilles demoiselles ont demandé de les aider pour faire les courses, déménager les meubles de l’orangerie, installer la salle… à moi, pardi!

Donc jeudi apm, j’ai laissé Cerise chez ma maman car elle était déjà en vacances. (Merci l’institution privée qui me coute les yeux de la tête de gratter tous les ans deux ou trois jours en fin d’année, « afin d’effectuer des travaux pour l’amélioration de la sécurité et du confort de vos enfants ». Je ferme cette parenthèse). Et je suis donc partie à Carrouf faire les courses avec quatre ados filles, puisque qu’il y avait en plus Eugénie copine de Vic qui avait fait trois cents kms pour venir pour l‘occasion. Ben je vais te dire cette pétasse, elle aurait mieux fait de rester chez elle. Une vraie connasse en puissance. J’ai failli la baffer! Car vois-tu, Mademoiselle n’aime pas les « contrefaçons ». Quand je te dis contrefaçons, je ne te parle pas de sacs à main ou lunettes de soleil. Non. Je te parle de chips et de Monster Munch! Oui madame! Parce que tu vois avec les parents de Vic et Constance, nous avions fixé un budget à ne pas dépasser. Budget dont j’étais évidemment responsable. Et je peux te dire que pour 70 mômes il en faut des chips, des Monsters Munch, du coca, de l’orangina, des bonbons…. Donc forcément on était toutes d’accord pour dire que les marques, ben sur ce coup là, on laissait de coté. Toutes sauf une. Cette pouf de 14 ans qui à chaque article nous a fait un cake pas possible, à criser et tout, et tout…. Même les trois autres n’en pouvait plus! Bref, deux heures et quatre caddies plus tard, nous sommes passées à la caisse. Et là, je te jure, j’ai vraiment pris sur moi pour ne pas lui en coller une. Elle n’a pas levé un petit doigt, pas soulevé une bouteille, un paquet de chips… Rien. Nada. Les contrefaçons, elle n’y touche pas. C’est-ce qu’elle a osé me dire. Je lui est demandé si elle allait quand même daigné les manger ou boire. Elle, elle a pas daigné me répondre. Je dois être une contrefaçon moi aussi! Charger, que dis-je, bourrer le monospace, (j’aurais du prévoir une remorque), retour chez Vic et il fallait bien décharger tout ça. Ben là, plus d’Eugénie. Mademoiselle devait se recoiffer et se rafraîchir après tous ses efforts… Ben voyons! Remarque ça nous a fait un peu de vacances pendant ce temps là.

Donc tout décharger, mettre les bouteilles dans les frigos, sortir et vider les sacs…. Elle est réapparu toute fraiche et pimpante. Parce qu’avec le cagnard qu’il y avait ce jour là, nous on sentait plus vraiment la rose! Puis il a fallu aménager la salle en tenant compte des consignes que m’avait laissé le papa de Vic pour la sono en particulier. Elle a tout critiqué, pas bouger un meuble. Rien.

Bref la mission était accomplie (enfin c’était ce que je croyais!) et je me pause dans le canap en buvant un bon verre d’eau. Même pas du coca p*****! Quand tout à coup les filles ont eu une idée lumineuse. Sauf Eugénie, car les idées lumineuses c’est pas son truc à l‘évidence. Il y a de grandes vitres dans l’orangerie, genre deux mètres cinquante de haut tu vois. Elles ont pensé que la nuit tombant tard, l’ambiance ne serait pas assez intime. Je ne leur ai pas demandé pourquoi elles voulaient de l’intimité, je voulait pas foutre la honte à Pomme, mais je me suis dis que la fête se terminant à 1h30 du mat elle aurait suffisamment de noir et d’intimité pour faire ce qu’elles avaient en tête. Nous sommes donc parties à la recherche des tentures et de l’échelle pour calfeutrer ce vilain jour. Et là je peux te dire que j’en ai chier. D’abord j’ai le vertige. J’y peux rien. Même descendre l’escalier, sans rampe, j’ai la tête qui tourne. Alors perchée là haut à fixer les tentures sur les six fenêtre de deux mètres de haut et un mètre cinquante de large, ben c’est moi qui en menait pas large. Enfin mission accomplie.


Les ingrates ne m’ont même pas remercié. Tout étant réglé, je suis allée chercher Cerise et rentrer à la maison en laissant les jeunes filles sur place pour finir les préparatifs, et se faire belle. Arrivée chez moi, je me suis déshabillée de suite. Je te laisse imaginer la scène, j’étais un slip et soutif, assise à table avec un bon coca en dégustant avec Cerise le fabuleux roulé au Nutella (dommage pour mon c**), qu’elle avait fait pour moi chez mamie. Je commençais à me sentir bien, soulagée, posée. 


Et là devine quoi! Je suis sur la première marche de l’escalier, direction salle de bain pour une indispensable douche, quand mon portable sonne. Là, je suis certaine que tu as deviné.

« Allo ma mamounette? (ça c’est mauvais signe) », « Voui », « Ben tu vois là on a tout déballé et on s’aperçoit qu’on est un peu juste niveau bouffe, et qu’ils nous manque des plats en plus», silence accablé de ma part, « dis, tu pourrais pas nous emmener vite fait (bien sur) juste Vic et moi (c’était clair que plus personne ne voulait d’Eugénie) pour refaire des couses? » «  Ben oui ma chérie, j’arrive de suite », je te jure que c’est vraiment ce que j’ai dit. Mais dans ma tête, c’était « b*****, p*****, vous faites vraiment c**** les filles, tout pour le casser les c******* (mêmes si je n’en ai pas). 

Et me revoilà partie, je me suis rhabillée quand même,  avec cerise en plus, des plats en plus et là je peux te dire que chez Carrouf ça a été du rapide. Car Vic, même si elle habite un château, les contrefaçons de Monsters Munch, elle, elle s’en tape total. Et on a fait le plein de contrefaçons. Passage expresse chez ma maman, reine des plats et saladiers en tout genre, retour chez Vic et retour chez moi.


Et enfin une douche. Limite j’ai pris mon pied!


Pour moi c’était terminé! La soirée, c’étaient  les parents de Vic qui géraient la situation. Je suis juste retourné à 1h30 du mat pour voir si tout s’était bien passé et récupérer Pierre-Alexis (voir plus bas), que je devais ramener chez lui. C’est-à-dire la maison à coté de la mienne. Pomme dormait sur place avec ses copines pour ranger et nettoyer le lendemain.

Malgré tout je suis heureuse. Tout s’est bien passé. Les mômes étaient super contents et les garçons m’ont élue « maman de l’année » sous les yeux éberlués de la maman Vic qui devait se demandé ce que j’avais bien pu faire pour mériter un tel honneur. Mais surtout, j’ai vu ma fille heureuse et avec le sourire. Et cela n’a pas de prix pour moi et vaut bien tous les efforts et sacrifices que j’ai fait. Elle a eu la soirée dont elle rêvait, avec les gens qu’elle aime. C’est parfait comme cela.


MAIS, GUESS WHAT?  Le lendemain rebelote! Ben oui, ils n’allaient quand même pas se quitter comme ça. Pas moyen. Donc vendredi soir, c’était la fête de la classe. Chez Damien cette fois. Damien, il habite à 30 km de chez nous, en pleine cambrousse, dans un longère complètement paumée. Tellement paumée que même je ne savais pas où c’était ce bled, que même je n’étais pas sur que mon Tom Tom il savait. Je précise que Tom Tom est mon GPS et pas mon nouveau mec. 

Ils avaient décidé de camper. Qui dit camper, dit tentes, duvets, matelats…. Et devine à qui ont a demandé de transporter tout ça? Tu as gagné! A moi. J’ai donc fait dans l’apm et la soirée quatre allez retour pour transporter le matériel et les mômes qui n’avait pas de moyen de locomotion. (Au passage, je crois qu’ils existe certains parents qui savent qu’il y a des bonnes poires dans mon style et qui en profitent largement pour se la couler douce devant l’apéro).


Tout était donc parfait. Ben non. Tu commences à me connaitre. Et c’est là que le blackberry entre en jeux.


Chez Damien, il y a une marre, avec des canoës, des barques. Ma Pomme est tombée à l’eau évidemment. AVEC SON I PHONE DANS LA POCHE. EVIDEMMENT.

Et samedi midi quand elle est rentrée (merci, merci au papa d’Antoine d’avoir fait la navette), au moment même ou elle a franchis la porte, j’ai compris. Elle m’a expliqué brièvement. De toute façon, il fallait mieux qu’elle la ferme. Pendant deux secondes, je me suis demandé: Je pète un plomb? Je reste zen? Tu ne vas me croire, je suis restée zen, je n‘ai pas dis un mot. J’ai pris les clés de la voiture, demander à Pomme de ranger son bordel, et je suis partie en leur disant que j’avais une petite course à faire, que je revenais de suite. Et je suis allée au bureau de tabac du coin acheter une « bic phone », tu sais ces portables à carte qui craignent vraiment trop pour les jeunes. Je suis rentrée, tendu le paquet à Pomme et lui ai dit « c’est ton nouveau portable ». Je te laisse imaginer la suite. Elle ne s’est même pas mis en colère, elle a fondu en larmes, pleurer toute la journée et une bonne partie de la nuit, me disant simplement que de toute façon elle ne le prendrai pas, que c’était trop la honte et qu’elle préférait encore ne rien avoir. Sauf que moi, la perspective de la laisser partir en Corse sans portable, sans moyen de la joindre, d’avoir de ses nouvelles, de savoir si tout va bien, c’était insupportable pour moi.

Dimanche matin, quand j’ai vu sa tête de morte vivante et les valoches sous les yeux, ben j’ai craqué. Je lui ai laissé mon Blackberry. Je crois qu’elle ne m’a jamais autant remercié ni fait de câlins de sa vie. Et dimanche midi, je l’ai laissé partir en Corse pour deux semaines de rando et de plongée avec ce téléphone dont je rêvais tant. J’ai dit adieu a mon Blackberry, car mon instinct me dit que je ne le reverrai jamais.


Dis moi, je suis débile ou une mère formidable?

A j’ai oublié de te dire, j’ai un nouveau portable. Un « Bic Phone » à carte.

Bises.

 

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